Résumé du livre « Mangez en paix ! » du Dr Gérard Apfeldorfer 

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« Mangez en paix ! » du Dr Gérard Apfeldorfer représente le point de vue d’un psychiatre et psychothérapeute sur la perte de poids. Son analyse sur les troubles alimentaires nous apprend à déculpabiliser et à trouver de la sérénité dans notre relation à la nourriture.
Un livre qui permet d’apprendre à manger avec amour et arrêter de se faire la guerre. Un guide pour nous aider à manger en paix, sans angoisse ni culpabilité.

« Mangez en paix ! » du Dr Gérard Apfeldorfer 
« Mangez en paix ! » du Dr Gérard Apfeldorfer
Paru en 2009. Éditeur : Odile Jacob

Chronique et résumé de « Mangez en paix ! »  de Dr Gérard Apfeldorfer

Introduction

Le but du livre est de faire la paix(alimentaire) : c’est-à-dire être à l’écoute de ses besoins et des messages que notre corps nous envoie en étant doux avec soi-même. Il nous encourage à être tolérant et ne pas lutter contre ses émotions.
L’auteur explique que les aliments qui sont à notre disposition ne sont pas parfaits mais sont suffisamment bons. C’est un ouvrage sur le COMMENT manger (pour apaiser les conflits, cesser les troubles du comportement alimentaire, faire ses courses, se comporter à table et en dehors de la table…).

Chapitre 1 : Manger harmonieusement

Manger normalement, c’est s’écouter en étant attentif à ses besoins et en y répondant quand ils se présentent.

On mange pour plusieurs raisons :

  • Pour apporter de l’énergie à notre corps.
  • Pour communier avec la nature.
  • Pour que l’organisme assume sa fonction de perpétuelle reconstruction (nous avons donc de l’appétence en fonction de nos besoins).
  • Pour faire remonter des souvenirs en nous car certains aliments sont porteurs de représentations (dimension spirituelle avec les traditions, les souvenirs qu’ils représentent).
  • Pour répondre à sa faim des autres : nous sommes faits pour manger en groupe, en famille. Selon l’auteur, celui qui mange seul risque de manger davantage.
  • Pour répondre à ses émotions : cela nous permet de les réguler et de nous réconcilier avec la vie.

L’auteur affirme que les déséquilibres causés par les désirs successifs s’équilibrent et que, sur la durée, une alimentation « déséquilibrée » s’avère parfaitement équilibrée. Il encourage à se faire confiance et satisfaire ses besoins au moment où ils apparaissent. L’alimentation va s’harmoniser d’elle-même dans la durée. Quand les besoins sont satisfaits sans manque ni excès, nous nous trouvons dans une zone de confort : une zone d’équilibre où on mange quand on est modérément affamé et où on s’arrête lorsqu’on est modérément rassasié.
Il vaut mieux s’écouter que se contrôler car la discipline aggrave la situation et nous éloigne de nos sensations alimentaires. Le contrôle alimentaire porte un nom : la restriction cognitive. Selon l’auteur, les régimes échouent car ils ne tiennent pas compte des sensations et des émotions alimentaires. De plus, ils conduisent à prendre de plus en plus de poids et à le perdre de plus en plus difficilement.

Avons-nous réellement faim ?

Le jeu du jeûne : quand on attend, on se rend compte que la faim disparaît. Jeûner permet d’éloigner la faim et nous éclaircit l’esprit car l’organisme va faire appel à ses réserves. Il s’agit d’un acte sérieux qui doit être organisé pour le faire et en sortir avec précaution.
Notre appétit est fiable car il augmente pour les aliments pour lesquels nous sommes carencés. Il peut également être d’origine psychologique avec une émotion, un sentiment ou/et une représentation qui vont nous pousser vers un aliment. Nous sommes donc très bien faits !
Pour être bien rassasié et contenté, il vaut mieux s’alimenter avec des produits nourrissants et satisfaisants. Pour être rassasié, il faut déguster les aliments et prêter attention aux émotions qu’ils provoquent en nous. Il faut activer le plaisir sensoriel et mental en imaginant ce que nous allons manger, en utilisant tous nos sens :

  • La vue en regardant l’aliment avant de le consommer,
  • Le toucher en remarquant que la texture se modifie en bouche,
  • L’ouïe en s’écoutant manger (est-ce que cela croque ?),
  • Le goût en percevant les saveurs,
  • L’odorat.

Il est important de créer les conditions psychologiques et matérielles pour pouvoir savourer pleinement. C’est un peu comme l’activité de dormir : on choisit un bon matelas, on s’isole du bruit et de la lumière pour ne pas être dérangé, on se met au calme avant de dormir en compagnie d’un livre ou une musique douce.

Mangez des aliments bons à aimer, bons à penser :

Manger pour se procurer de l’énergie et pour les nutriments que cela nous apporte nous permet de survivre. Tandis que prêter attention aux émotions qu’ils éveillent en nous nous permet de vivre.

  • Il est important de civiliser son alimentation en mangeant assis à une table avec une assiette, un verre et des couverts. On établit des horaires pour manger ensemble ; on ne touche pas les aliments avec les doigts sauf le pain ; on se tient tranquille ; on boit à petites gorgées ; on mange à petites bouchées la bouche fermée ; on n’aborde pas de sujets qui risquent de provoquer des émotions négatives qui perturberaient notre digestion… Bref, on respecte ce qu’on mange, les autres convives et soi-même.
  • Quand on mange des aliments bons et riches en amour (qui évoquent des souvenirs agréables), cela nous rend bon. Car à force de manger de mauvaises choses, on perd l’estime qu’on a pour soi.
  • La recherche des aliments « purs » est impossible : chaque produit (bio ou fabriqué industriellement) contient son lot de bactéries, de moisissures, de virus et de substances qui, à haute dose, sont des poisons. On reproche même à certains aliments d’être trop propres car une insuffisance bactérienne favoriserait les allergies et nous fragiliserait.

Chapitre 2 : Mangez des aliments bons pour la santé et pour le poids

Le naturel et l’industriel :

  • Nos aliments proviennent de tous les coins du monde et 80% de ce que nous mangeons correspond à des produits transformés par des industries agroalimentaires. L’auteur soutient que les OGM permettent de produire des plantes plus résistantes aux insectes, aux maladies, aux herbicides et que le risque allergique des plantes transgéniques n’est pas différent de celui occasionné par l’introduction dans notre alimentation de produits exotiques comme les kiwis, les lychees ou les avocats. Il affirme que les fraises et les tomates bien de chez nous provoquent tout autant d’allergies.
  • Les aliments industrialisés sont trop riches : trop bons et trop nourrissants. Pour l’auteur, le problème n’est pas qu’ils soient trop riches mais que nous avons un problème pour les manger de façon adaptée. Il explique que si les aliments gras et sucrés entraînent des carences, c’est parce que nous les utilisons mal car on a cessé d’écouter nos appétences ou parce qu’on est débordé par des problèmes émotionnels. Il nous rappelle que les glucides sont bons et que les friandises et autres pâtisseries sont à consommer avec joie, sagesse et prudence. Ce sont des aliments puissants qui donnent une bouffée d’énergie brutale. À user sans abuser.
  • Notre corps réclame plus d’oméga 3 (on en retrouve dans l’huile de colza).

Ce qui est bon à notre goût est bon pour notre santé :

Faisons confiance à notre palais.

  • La qualité (poissons sauvages, fruits et légumes de qualité…) se paie mais on est satisfait avec de moins grandes quantités car on les apprécie mieux et on les déguste avec plus d’attention. Il faudra aussi cuisiner d’avantage pour manger mieux.
  • Il faut écouter ses besoins et ses appétits pour ne pas manger trop de produits riches. L’auteur propose de redéfinir la malbouffe : c’est ne pas savoir écouter ses besoins corporels, psychologiques et émotionnels.
  • Il défend que l’organisme tolère une part d’imperfection et que ce qui compte au niveau de la santé physique, c’est ce qu’on mange globalement sur 15 jours. Au niveau de la santé mentale, c’est se faire plaisir qui importe. Ce n’est donc pas le parfait qui est important mais le suffisant.
  • Être trop suspicieux est mauvais pour la santé : manger la peur au ventre nous éloigne de nos besoins et de nos sensations. Il fait une parenthèse sur l’orthorexie qui est une obsession de la qualité des aliments. Les orthorexiques pensent que « manger = se soigner » et que les aliments sont des alicaments. Ils sont donc empoisonnés par leur propre méfiance.
  • On peut préserver sa santé et l’améliorer avec des compléments alimentaires comme des oméga 3, des vitamines, des minéraux ou des antioxydants. Mais pour mettre les meilleurs chances de son côté, consommons des échalotes, de l’ail, des oignons, des fruits rouges, un verre de vin rouge par jour, des brocolis, des choux de Bruxelles, des noix et des noisettes, des herbes, des épices et buvons du thé vert.

Chapitre 3 : Quoi, quand, où, comment manger ?

Pour ce faire, faisons confiance à Epicure qui proposait de rechercher le plaisir avec sagesse et confiance. Trop de plaisir tue le plaisir et la recherche d’un plaisir effréné amène de la souffrance. On atteint ce plaisir en ne mangeant ni trop ni trop peu et en trouvant une zone de confort où on ne se laisse pas submerger en satisfaisant ses besoins et appétences.

Faites vos achats avec sagesse et prudence :

  • Retrouvez des plaisirs simples avec des aliments de base comme un fruit de saison, un légume croquant, du lait, du fromage, un biscuit, un chocolat, un œuf à la coque…
  • Achetez de petites quantités d’aliments de qualité.
  • Faites une cuisine simple.
  • Consommez des produits de saison.
  • Évitez le zapping alimentaire car il y a énormément de choix.
  • Évitez les allégés et les alicaments : ils sont fades et moins rassasiant.

Créez les conditions de la dégustation et d’une alimentation juste :

  • Fiez-vous à votre gourmandise et votre confort : elle n’est pas un péché. Il faut juste veiller à être vigilant et rester à l’écoute de soi-même en restant dans sa zone de confort. Il faut apprendre à prendre du recul par rapport à son plaisir et à l’évaluer pour manger plus « juste ».
  • Donnez-vous le temps de manger : en mangeant trop vite, on se prive des émotions et de sensations de rassasiement et on mange au-delà de nos besoins. Essayez de prendre plus de 15 minutes par repas.
  • Mangez dans de bonnes conditions matérielles : installez-vous à une table, confortablement et au calme pour donner de la valeur et de l’importance à ce que vous mangez.
  • Soyez à ce que vous faites : évitez la télévision, l’ordinateur, la lecture et Internet qui ont un effet hypnotique et conduisent à manger mécaniquement.
  • Mangez en bonne compagnie : nous sommes faits pour manger en groupe pour partager la conversation et la nourriture mais aussi les émotions et souvenirs qui vont avec.
  • Mangez des aliments, pas des idées d’aliments ! Ne pas se focaliser uniquement sur les sensations en bouche…
  • Mangez du matin au soir : manger en même temps que les autres favorise les échanges qui renforcent l’estime de soi et la joie de vivre. Refuser des collations peut conduire à faire des repas trop importants qui, mangés en hyperphagie, tournent à l’état de souffrance. Laissez-vous guider par vos appétences et vos émotions alimentaires.

Le petit déjeuner : le bon moment est quand l’appétit se manifeste. Il sera composé de ce que vous voulez. Pour la quantité, fiez-vous à vos sensations de rassasiement.

NB : Quelques recommandations précieuses au cours d’un repas :

  • Plus un repas comporte de plats, plus il est difficile de gérer son plaisir au mieux.
  • Ne pas hésiter à sacrifier un plaisir pour en permettre un autre (laisser de la « place » pour le dessert).
  • Ne pas s’obliger à finir son assiette : ne vous laissez pas influencer par les quantités disponibles dans votre assiette ou sur la table.
  • Vive les collations ! Pour éviter de manger trop et trop vite au repas suivant.
  • C’est une aberration de mauvaises doctrines nutritionnelles de se faire systématiquement des repas équilibrés et complets.
  • Quand on est seul, se comporter comme si on était en groupe : dresser la table, la décorer,…
  • Quand on est en famille, partager de l’amour sans conflits ni télévision.
  • Entre amis : ne pas se sentir obligé de finir son assiette, faire des compliments et ne pas se justifier si on mange peu.
  • Bref, toujours rester dans sa zone de confort en consommant les justes quantités que nous dicte notre appétit.

Chapitre 4 : Venez à bout de vos dérèglements alimentaires

Il est important de restaurer l’harmonie alimentaire en s’écoutant. Faire des régimes aggrave la situation car on ne s’aime pas tel qu’on est.

Faites la paix avec vos aliments :

Listez les aliments tabous : les tabous « absolus » à ne consommer sous aucun prétexte et les tabous « partiels » à consommer avec précaution puis listez les aliments obligatoires (œufs, viandes, poissons maigres, fruits et légumes, laitages dégraissés, pains, céréales et féculents). Ensuite, dégustez quelques bouchées d’un aliment tabou et jetez le reste. Faites-le pour deux raisons :

  1. comprendre qu’un aliment tabou consommé en faible quantité ne fait pas grossir comme par magie, et
  2. faire le deuil de cet aliment et éviter qu’il ne vous hante.

Cet exercice est à faire chaque jour jusqu’à ce que vous n’ayez plus peur de grossir et de culpabilité à manger et à jeter. Et retenez que nous avons le droit de jeter de la nourriture : manger parce que d’autres ont faim ne leur fait pas du bien et vous fait du mal ! Il existe d’autres exercices de ce type dans le livre qui permettent de faire la paix avec les aliments tabous.

Faites la paix avec votre apparence corporelle :

Pour faire le juste poids, il faut renoncer à une minceur immédiate et se calmer. Les raisons qui poussent à maigrir sont nombreuses :

  • La pression sociale dans les regards,
  • Pour retrouver la sérénité, l’apaisement et le plaisir de manger suite à un comportement alimentaire déréglé,
  • Pour la santé.

L’auteur met en garde contre l’amaigrissement en expliquant que pour plus d’1/3 des gens qui veulent maigrir, il est illusoire d’espérer perdre du poids même temporairement pour des raisons biologiques et psychologiques. Il met en garde contre les régimes car plus on se prive, plus on fait « des provisions », ce qui explique l’effet yoyo. Il nous confie que l’appétit de minceur finit par…faire grossir.
Il nous rappelle que la minceur et la beauté sont éphémères. L’auteur a écrit deux passages que je trouve fondamentalement intéressants et tellement vrais. Les voici :

  • « Ne croyez pas que la situation des belles jeunes filles, dont le prototype est le top model, soit si confortable. Car la belle jeune fille sait que son temps est compté. Elle doit au plus vite profiter de sa richesse, prostituer sa beauté avant qu’elle ne se fane. Aussi, en retour de son éblouissante compagnie, de sa beauté sans prix, exige-t-elle qu’on lui donne tout et tout de suite. Sa beauté le vaut bien. »
  • Une patiente, Annette, lui confiait avoir 30 ans et être toujours grosse. Elle semblait être très triste de tout « ce temps perdu ». L’auteur lui répond : « Perdu ce temps-là ? Mais vous avez vécu Annette. Vous avez vu, écouté, touché, senti, satisfait aux besoins corporels. Vous avez étudié, compris, approuvé, désapprouvé. Vous avez travaillé, vous êtes partie en vacances, en voiture, en avion, et même parfois à pied, et vous en êtes revenue. Vous avez agi, échangé, ressenti des émotions, ri, pleuré, vous avez eu des sentiments les uns pour les autres. Bref, vous avez été vivante jusque là et vous l’êtes toujours. Cela ne mérite-t-il pas en soi de la reconnaissance ? »
  • Une balance approximative fera bien l’affaire pour se peser. On se fiera à la tendance générale sur plusieurs semaines et on gardera à l’esprit que ce qui est pesé est le poids de notre corps, pas notre personne et encore moins notre âme !
  • S’affirmer tel qu’on est aide à manger harmonieusement. Il faut calmer le jeu pour être délivré de l’urgence de maigrir à tout prix. Vous pourrez vous sentir soulagé(e) et prendre le temps de vivre, de profiter en toute sérénité. En améliorant son estime de soi, on maigrit car on a moins de compulsions alimentaires… !

Pour s’accepter :

  • Regardez les albums photos de votre famille, acceptez cet héritage génétique que vous avez reçu et mettez par écrit les ressemblances physiques et psychologiques que vous constatez.
  • Faites la paix avec votre corps en répondant à ses besoins, faites-le boire quand il a soif, reposez-le quand il est fatigué et offrez-lui de la douceur et de la gentillesse.
  • Faites-lui des cadeaux : des soins du corps (massage, esthéticienne…) et une activité physique douce.
  • Éprouvez de la compassion pour vous-même en vous pardonnant d’être tel que vous êtes.

Refusez la stigmatisation en vous affirmant tel que vous êtes : si vous avez honte et que vous culpabilisez, les autres le voient et vous le renvoient au visage. Pour éviter cela : marchez en public dans la rue, prenez les transports en commun, allez à la plage ou à la piscine et exposez-vous aux regards des autres.

Faites la paix avec vous-même :

Soyez moins dur(e) et ayez de la compassion. Beaucoup de gens mangent pour combler le vide et les contrariétés.

  • Le besoin de se remplir
    Le vide est angoissant, on a donc tendance à vouloir le remplir. Pourtant, le sage qui médite cherche à faire le vide pour trouver la plénitude. Nous avons tendance à nous tourner vers des sensations intenses, des émotions fortes pour nous sentir exister davantage. (Pour faire le plein, certains ont aussi des frénésies d’achat)
    NB : Les hyper-empathiques ont souvent plus difficiles à se tourner vers leurs pensées et sentiments personnels car ils sont souvent tournés vers les autres.
  • Le trop-plein émotionnel
    Certaines personnes sont des éponges à émotion. Dans ce cas, il est important d’apprendre à nommer ses émotions et sentiments. Cela permet de prendre distance avec eux. Il y a des émotions positives qui font manger car la proximité affective (rires, histoires, amitié) envahit tout l’être et c’est trop pour pouvoir le supporter. Plonger dans son assiette ou grignoter permet de s’isoler, de prendre distance et de se protéger de ce trop-plein émotionnel. Mais il y a aussi les émotions négatives qui font manger car on ne s’autorise pas à ressentir de la tristesse, de la peur, de l’anxiété, de la jalousie, de la colère ou de l’envie. Il est donc important de nommer ces émotions pour pouvoir prendre distance avec elles autrement que dans la nourriture.
    Les émotions de base sont : la peur, la colère, la joie, la surprise, la tristesse, le dégoût. Les sentiments sont : l’anxiété, l’angoisse, le bonheur, la peine, l’admiration, la générosité, l’enthousiasme, l’indignation, la honte, la culpabilité, l’indifférence, le mépris, l’aversion, le sentiment d’injustice, l’amour et la haine. Tenez un carnet émotionnel avec 3 colonnes :

    1. 1ère colonne : identifiez les événements, les situations.
    2. 2ème colonne : notez les émotions, les sentiments : le ressenti.
    3. 3ème colonne : distinguez vos discours intérieurs de ce que vous ressentez sans émettre de jugement.

Puis donnez une cote de confort/inconfort (de -10 à +10 par exemple). C’est un travail difficile et fastidieux mais identifier clairement ses sentiments permet de mieux les accepter et de prendre du recul par rapport à eux.

Les contrariétés amènent aussi à vouloir se consoler dans l’alimentation. Lâcher un projet ou une idée peut provoquer une angoisse de séparation. Manger peut devenir un point d’ancrage et permet de dispenser d’exprimer sa colère. Pour travailler un problème d’angoisse de séparation : lisez pendant ½ heure votre journal d’informations puis jetez-le dans une poubelle, dressez une liste d’objets inutiles chez vous, jetez-en un chaque jour et barrez-le de votre liste.

Faites la paix avec ceux qui vous ont blessé :

Il est difficile de manger en paix quand on a du ressentiment au fond de soi, quand on a des comptes qui n’ont pas été réglés.

Inconvénient d’avoir des parents.

Des problèmes peuvent se construire dans l’enfance avec :

  • Des parents peu empathiques qui se désintéressent de l’intériorité de leur enfant. Cela va empêcher ce dernier à identifier clairement ses besoins, ses désirs, ses émotions, ses sentiments, et donc de pouvoir les étiqueter, de les mettre en mots.
  • Des parents centrés sur les apparences qui sont, pour eux, essentielles pour guider leur conduite. Cela va mener à de l’intolérance et de la psychorigidité.
  • Des parents centrés sur leur poids et leur forme corporelle. Ils mettent toute leur énergie dans leur obsession pondérale et risquent d’avoir des enfants qui développent une mauvaise estime d’eux-mêmes. En résumé, les mères font des régimes et les filles grossissent.
  • Des mères vampires qui son trop aimantes. Insatisfaites de leur vie, elles cherchent à en vivre une autre à travers leur fille. Elles veulent tout savoir : les secrets, les pensées… Elles veulent boire la moindre goutte d’information qui concerne leur enfant. C’est très agréable de se confier à une mère vampire car elle est si compréhensive et prête au sacrifice pour sa fille. Mais derrière ce dévouement se cache une grande fragilité. Cette relation de dépendance mère-fille se poursuit à l’âge adulte et la fille, privée de sa mère, se sent vide et éprouve le besoin de se remplir. Les compulsions alimentaires et boulimies seront un besoin de lutter contre un sentiment d’inexistence.
Le corps sali

Les victimes de comportements incestueux ou d’expériences sexuelles précoces risquent de vivre des difficultés alimentaires. Grossir va permettre au corps d’être protégé par un matelas qui va empêcher de ressentir les appétits du corps et amortir les sensations corporelles. Et cette armure de graisse découragera les autres d’éprouver du désir pour soi.

Amour, séduction et comportement alimentaire :

  • Pour séduire sans se sentir obligé de maigrir au préalable, il faut apprendre à se connaître, à s’aimer tel que l’on est et ne pas être trop dur avec soi-même. La séduction est un jeu qui consiste à contraindre l’autre à s’intéresser à nous. Si l’autre s’intéresse, « c’est un pervers qui aime les grosses » et si on ne lui plait pas, c’est par lui qu’on veut être adulé
    NB : Il ne faut pas être mince pour pouvoir séduire.
  • Le Grand Amour est un piège car il sous-entend que si on est enrobé, il faut commencer par perdre du poids pour rencontrer son prince charmant car il faut être prêt pour l’âme sœur qu’on pourrait rencontrer à tout moment. Le mythe du Grand Amour conduit au malheur car ses principes sont :
    • Il existe sur terre une âme sœur qui nous est destinée pour l’éternité,
    • La rencontre avec cette âme sœur est le but de la vie et donne un sens à son existence,
    • Quand on la rencontre, on est submergé par la passion amoureuse,
    • C’est un coup de foudre automatique (pas besoin de séduction)

Il est important de se comprendre pour tisser de vrais liens. Par moment, on se séduira et parfois on se comprendra grâce à l’empathie. Il faut osciller de l’un à l’autre avec souplesse : l’auteur nomme cet équilibre la vinaigrette amoureuse.

Chapitre 5 : Faites l’éducation alimentaire de vos enfants

Voici le résumé du livre jusqu’à présent : comment manger = écouter ses appétences, ses sensations de faim et de satiété, croquer des représentations gratifiantes, partager avec ses semblables en les respectant et en se respectant soi-même.

Qui a besoin d’une éducation alimentaire ?

Il s’agit d’apprendre aux enfants comment se comporter avec la nourriture.

  • La barbarie alimentaire. Les enfants sans éducation sont dans le chaos. Ils ne prendront pas le plaisir de manger et mangeront vite des aliments gras et sucrés en fonction de ce qu’ils trouvent dans l’urgence.
  • L’éducation alimentaire des enfants doit être faite par les parents, les familles et les substituts maternels.
  • Dès l’enfance, les enfants intègrent les restrictions cognitives de leurs parents. Si les parents développent une préoccupation exagérée pour leurs formes et leur poids, les enfants feront de même et développeront des déséquilibres dans leur comportement alimentaire.
  • Tous les enfants ne s’éduquent pas de la même manière. Certains sont « faciles » et le mieux est de les laisser faire sans trop contrarier leur nature. D’autres sont gourmets de naissance et ont un sens du goût très prononcé : aidez-les à affirmer leur goût et à nommer les sensations et les émotions alimentaires car un talent non éduqué peut virer à la goinfrerie. Il faut leur apprendre à rester dans leur zone de confort : on mange quand on a suffisamment d’appétit et on arrête quand on est modérément rassasié.
  • 13 grands principes pour une éducation alimentaire :
    1. Je montre à mon enfant l’amour et le respect que je porte à ce que je mange.
    2. Je mange avec mon enfant.
    3. J’apprends à mon enfant comment on déguste et on apprécie ce qu’on mange. Si on prête beaucoup d’attention à ce qui se passe dans notre bouche, l’enfant fera de même.
    4. Je raconte des histoires sur les aliments à mon enfant. La nourriture doit être aimée et racontée (d’où viennent les aliments, quelle est leur histoire, qui les a plantés ?).
    5. J’enseigne à mon enfant les us et coutumes, les manières de table car manger est un acte social par excellence. L’enfant modèle ses parents qui doivent lui donner des règles. Respecter la nourriture permet de se respecter soi-même.
    6. J’apprends à mon enfant à identifier ses appétences et je négocie avec lui les repas. Les menus doivent être négociés car il y a tellement de choix, tellement de possibilités. Cette négociation est importante car les désirs alimentaires correspondent à des désirs physiologiques et psychologiques qu’il faut respecter. Interrogez-le sur ce qu’il a envie et négociez avec lui en alternant ce que vous souhaitez qu’il mange avec ce qu’il aime.
    7. Je fais découvrir des goûts nouveaux à mon enfant pour ne pas l’enfermer dans des choix alimentaires limités. Il faut trouver un équilibre entre le nouveau et une certaine constance. Racontez-lui des histoires sur l’aliment quand vous en introduisez un nouveau.
    8. Je ne mets pas des conditions au fait de prendre son plaisir en mangeant. Par exemple, dire « finis ta soupe pour avoir du dessert » est un discours qui moralise l’alimentation et qui va à l’encontre de la physiologie et des besoins de l’enfant. « si tu es sage, tu auras un bonbon » est manipulatoire. « finis tes brocolis parce que les petits Ethiopiens ont faim » coupe l’appétit des enfants et les culpabilise. Même si l’enfant finit ses brocolis, les Ethiopiens auront toujours faim et l’enfant le sait.
    9. J’apprends à mon enfant à identifier ses sensations de faim et de rassasiement, et j’en parle avec lui afin qu’il reste dans sa zone de confort.
    10. Quand mon enfant a faim, il doit pouvoir manger, même entre les repas. Expliquez-lui la différence entre le grignotage et une collation.
    11. Quand mon enfant est rassasié, il peut sortir de table. (ndlr : hum, hum)
    12. Je montre à mon enfant le mode d’emploi des aliments les plus nourrissants et le mode d’emploi des aliments de faible densité calorique. Les biscuits, viennoiseries et barres chocolatées sont des aliments riches et il en faut très peu pour se sentir nourri. On les mange donc avec attention et on les déguste. Si on sature, on arrête. On en remangera une prochaine fois.
    13. J’apprends à mon enfant à se réconforter ponctuellement avec la nourriture. S’il réclame des friandises, demandez-lui s’il a faim. Si sa réponse est non, demandez-lui ce qui ne va pas (est-il triste ? a-t-il mal ?). Parlez avec lui de ce qu’il ressent et ce qui suscite en lui le recours à l’aliment réconfortant

Si l’enfant est potelé, en surpoids ou obèse :

Même si certains peuvent être porteurs d’une tare génétique, il faut leur donner une bonne éducation alimentaire.

  • Ne pas stigmatiser son enfant, ne faites pas dépendre votre affection de son aspect physique.
  • Le soutenir face à la stigmatisation extérieure. Il n’a commis aucune faute et n’a pas à avoir honte. Encouragez-le à être lui-même et respectez-le dans ses appétits, ses sensations, son apparence, sa vision des choses.
  • Encouragez-le à être actif quelles que soient les activités qui le passionnent. Un enfant inactif est un enfant qui va mal. Encouragez-le dans des activités physiques progressives et les moins déplaisantes possibles. Trouvez-lui des compagnons d’activité.

Conclusion de l’auteur

Soyons attentionnés vis-à-vis de nous-mêmes. Mangeons des aliments bons à aimer et bons à penser, en compagnie d’autres et en se respectant.
Nous sommes solides et nous pouvons nous contenter d’aliments imparfaits.
Il faut être aimable et patient avec soi car après la pluie vient le beau temps. Il faut arrêter la guerre de la maîtrise de son poids et faire la paix.
Il conclut avec ces mots : «  Mangez avec amour, ne vous faites pas la guerre. »

Ma conclusion de « Mangez en paix ! »

Quand on est à l’écoute de soi-même, de ses sensations, des ses émotions, on peut mieux contrôler ses comportements alimentaires. Les aliments à notre disposition sont imparfaits mais notre corps les tolère. Un livre qui fait du bien et qui fait redescendre la pression de la minceur à tout prix. Les chapitres 4 et 5 sont très intéressants.

Points forts :

  • Cet ouvrage permet de déculpabiliser.
  • C’est un livre anti-régime pour sortir de l’enfer de certaines méthodes.
  • Il est porteur d’espoir pour ceux qui ont des troubles alimentaires.
  • Il remet les choses en place dans nos rapports à la nourriture en proposant d’écouter son corps et de renouer avec les sensations de plaisir.
  • Il permet d’arrêter d’avoir peur et de se focaliser sur le poids.
  • Il y a beaucoup de conseils précieux pour les parents.
  • L’auteur propose des exercices pratiques à réaliser qui accompagnent chaque réflexion de son ouvrage.

Points faibles :

  • Certains propos sont « limites » comme : « Les étiquettes sur les aliments ne rassurent pas et contribuent à paniquer les mangeurs que nous sommes », le fait qu’il défende les OGM, « apprenez à apprécier l’alimentation rapide qui a ses charmes et n’est pas à dédaigner »… L’auteur semble parfois être dans un monde idéal où « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil… »
  • L’auteur défend ardemment les viennoiseries, les barres chocolatées en disant que ce sont des aliments merveilleux pour ne pas les diaboliser. Il refuse de catégoriser les choses en bien ou pas bien (pourtant, c’est la façon dont la plupart d’entre nous on été éduqué). Il soutient que le sucre est savoureux et qu’il fait toucher le paradis alors que l’industrie agroalimentaire s’en sert comme une véritable drogue.
  • Aucune notion d’activité physique. Pourtant, elle apporte beaucoup de sensations, d’émotions et de bien-être.
  • On a un peu l’impression que la malbouffe n’existe pas, que notre corps peut tout emmagasiner et que tout se règle tout seul en écoutant ses besoins. Pourtant il me semble que beaucoup d’entre nous souhaitent des règles précises sur ce qu’il vaut mieux ou ce qu’il ne vaut mieux pas manger.
  • Je ne suis pas persuadé que les personnes qui ont de réels troubles alimentaires peuvent les solutionner en lisant ce livre. Elles devront suivre une thérapie. Ce livre peut servir de « déclic ».
  • Les propos tenus par l’auteur banalisent beaucoup la malbouffe pour déculpabiliser un lecteur(trice) qui doit vivre, dans certains cas, un véritable enfer.

NB : Cette chronique est un article-invité écrit par André du blog : www.le-coach-minceur.com.
Dans un défi qu’il s’est lancé sur son blog, il s’est engagé à lire et résumer 26 livres sur la perte de poids en un an.

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